Blog myASPnews de Maya DAN

Analyse

Ce que le “Cloud computing” veut vraiment dire  21/05/2008

La nouvelle tendance semble encore assez nébuleuse car comme pour le Web 2.0, tout le monde propose sa propre définition. Si le « Cloud » est bien une métaphore de l’Internet, que désigne l’association des deux mots ? Une première vision, étroite, consiste à la réduire à des serveurs virtuels accessibles par Internet. Dire que tout ce qui est au-delà du firewall est « dans le nuage », y compris l’externalisation classique, en donne une vision trop large.
Quel est le souci principal d’un service IT ? Pouvoir accroître la capacité et ajouter des fonctionnalités à la volée sans investir dans de nouvelles infrastructures, licences, ou formation de personnel.
Le Cloud Computing comprend tout service pay-per-use ou basé sur une souscription, qui, en temps réel, à travers Internet, étend les fonctionnalités IT existantes.
Galena Gruman et Eric Knorr d’Infoword classent le grand nombre de services proposés par des fournisseurs en 7 catégories.

1. SaaS
Ce type de “Cloud computing” fournit une application, à travers un navigateur, à des milliers de clients, en utilisant une architecture multi locataires. Le client n’a pas à investir dans des serveurs ni dans une licence logicielle et le fournisseur réduit ses coûts de maintenance. Exemples : Salesforce.com, Workday, Google Apps ou Zoho Office.

2. Utility computing ou Calcul à la demande
L’idée n’est pas nouvelle mais cette forme de « Cloud computing » connaît une nouvelle vie avec Amazon.com, Sun, IBM … qui proposent du stockage et des serveurs virtuels accessibles à la demande. L’usage actuel se limite à des missions non critiques mais il se peut que ces services remplacent pour partie les centres de données. D’autres fournisseurs proposent des solutions pour créer des centres de données virtuels depuis le serveur du service IT, comme 3Tera, Cohesive Flexible Technologies ou Liquid Computing, qui permettent de mailler mémoire, I/O, stockage et capacité de calcul au sein d’un centre de ressource virtuel accessible à travers le réseau.

3. Les Web services dans le nuage
En liaison étroite avec les SaaS, les fournisseurs de service Web proposent des API qui permettent aux développeurs d’exploiter des fonctionnalités à travers le net, plutôt que d’utiliser des applications complètes. Exemples : Google Maps, ADP payroll processing, the U.S. Postal Service, Bloomberg, Esker, ou même les services de traitement de carte bancaire.

4. Platform as a service
Variation des SaaS, ces environnements vous permettent de développer votre propre application, qui tourne ensuite sur les serveurs du fournisseur. Ces services sont limités par le design et les fonctionnalités choisies par le vendeur, mais vous pouvez vous appuyer sur leur prédictibilité et une pré-intégration. Exemples: Force.com de Salesforce.com, Coghead, NetFlex et le nouveau Google App Engine. Pour les développements extrêmement légers : Yahoo Pipes, Dapper.net

5. MSP (Managed Service Providers)
L’une des plus anciennes formes de Cloud computing: un Managed Service est basiquement une application visible par le service IT et pas par l’utilisateur final, comme les services de scan antivirus ou de contrôle d’application. Exemples: Managed security services de SecureWorks, IBM, Verizon, Antispam basés sur le net de Postini, récemment racheté par Google, Services de gestion du bureau comme CenterBeam ou Everdream.

6. Service commerce platforms
Cet hybride des SaaS et des MSP consiste en un Hub avec lequel interagissent les utilisateurs. Dans les environnements de commerce par exemple, ces systèmes peuvent fournir un service de bureau automatisé et virtuel (secrétariat, organisation des déplacements, gestion des dépenses).

7. Intégration Internet
L’intégration de services basés sur le nuage en est à ses premiers pas. Grand Central, qui voulait être un « bus universel » pour connecter les fournisseurs de SaaS et fournir des solutions d’intégration aux clients, s’est éteint en 2005. Aujourd’hui, OpSource et Workday sont actifs. Cependant, l’interconnexion reste rare au sein du nuage : le Cloud computing ressemble encore beaucoup à un « Sky computing », avec plusieurs nuages de services, isolés, que les clients IT doivent brancher individuellement. Ceci dit, avec la virtualisation et les SOA qui imprègnent les entreprises, l’idée de services couplés tournant sur une infrastructure agile et évolutive pourrait à terme faire des entreprises un nœud dans le nuage. Si cet horizon est très lointain, parmi les grandes tendances qui agitent le monde IT aujourd’hui, le Cloud computing est la plus difficile à contester à long-terme.


Rédigé par Maya Dan le 21/05/2008 à 18:40 | Permalien | Commentaires (1)